AGENDA

samedi 13 mai 2017

Présentation du livre "Féminin, révolution sans fin"

Librairie Kleber

Strasbourg

 

jeudi 11 mai 2017 à 21h15

Atelier clinique de l'adolescence "La rencontre du féminin"

 

samedi 22 avril 2017 à 10h25

Colloque - "La menace du féminin : fantasme ou réalité ?"

Conférence : Haine du féminin, haine du désir

Université Paris Diderot

Bâtiment Sophie Germain - Amphi Turing

8 place Aurélie Nemours - Paris 13e

 

du 24 au 26 mars 2017

Congrès de la Fondation Européenne pour la psychanalyse

10h00 : Introduction au Congrès

Dimanche 26 mars à 12h30 - conférence : Qu'est-ce que le désir ? Est-il interprétable ?

Barcelone - Espagne

 

dimanche 19 mars 2017 à 16h10

Colloque Universitaire "Figures du Martyr d'hier et d'aujourd'hui"

conférence : Mourir pour vivre : le paradoxe du martyr

Institut Elie Wiesel - 119 rue La Fayette - 75010 Paris

 

lundi 13 mars 2017 à 20h

Groupe de travail Films et Psychanalyse

projection de "Le chevalier des sables" (1965) - de Vincente Minnelli

projection et discussion

4, rue Richer - Paris 9e

 

samedi 11 mars 2017 à 16h30

Conférence : "La monnaie de la pièce érotique de la pulsion de mort"

Espace analytique/Campus des Cordeliers

15 rue de l'Ecole de Médecine - Paris 6e

 

samedi 4 mars 2017 à 15h15

Colloque ALIpsi-Espace

"Etre analysé suffit-il pour devenir psychanalyste ?"

Centre de l'IRPA à Milan

 

jeudi 2 mars 2017 à 14h15

La clinique du cinéma - la jalousie de Philippe Garrel

"La jalousie, croyance intime du désir"

Hopital Maison Blanche - Centre admonistratif et de conférences

6-10, rue Pierre Bayle - Paris 20e - (ouvert à tous début 9h)

 

jeudi 15 décembre 2016

Séminaire AEFL-ALI Alpes maritimes : Où va la psychanalyse ?

conférence : "L'avenir de la psychanalyse après les récents bouleversements de société"

19-21h - Université de Nice (à l'IAE)

 

mercredi 14 décembre à 21h

Maison de l'Amérique latine

 

samedi 3 décembre 2016

journée d'Espace analytique - Une civilisation en souffrances - fraternité et violence

11h45-12h15 : "Une guerre de religion masquée"

salle Duranti - 7 rue du Colonel lieutenant Pélissier - Toulouse

 

samedi 19 novembre 2016

Espace sétois de recherche et formation en psychanalyse

10h - "La place du féminin dasnla psychanalyse et la société"

Sète

 

samedi 29 octobre 2016 de 14h à 18h30

Salon du Livre (dédicaces, rencontres, tables rondes et soirée de cloture)

Casino Barrière de Trouville

14 Trouville-sur-mer

 

du 21 au 23 octobre 2016

Colloque de la Fondation europénne pour la psychanalyse

"Ecriture, poésie et psychanalyse"

vendredi 21 octobre - 14h30 : introduction au thème du colloque

samedi 22 octobre - 13h00-13h20 : "A la recherche des lois du nombre : la poésie de Klebnikov"

Aranjuez (Madrid) - Espagne

 

samedi 15 octobre 2016

colloque d'Espace analytique : "Faust et le désir faustien"

Institut Goethe - 17 avenue d'Iéna - Paris 16

 

samedi 8 octobre à 15h00

Présentation du livre Féminin, révolution sans fin dans le cadre du Salon de lecture

Espace Analytique - 12 rue de Bourgogne - Paris 7e

 

Samedi 24 septembre à 17h30

rencontre sur le thème du féminin

 ITP Association libre

 

Mercredi 21 septembre 2016 à 21h00

Discussion autour du livre Féminin, révolution sans fin aux éditions Pauvert

avec Catherine Millot, Laurence Croix, Paul-Laurent Assoun et Gérard Pommier

Maison de l'Amérique Latine - 217 bd Saint Germain - Paris 7 - entrée libre

 

 Vendredi 16 septembre 2016 à 20h30

rencontre avec Gérard Pommier autour de son ouvrage Féminin, révolution sans fin aux éditions Pauvert

Librairie Ombres Blanches - 3 rue Mirepoix - TOULOUSE

 

mercredi 8 juin 2016 de 9h à 18h

7ème colloque Voix & Psychanalyse "A bas bruit, la voix"

Paris 7, La Halle aux Farines, Amphi 2A

17 esplanade Pierre Vidal-Naquet - Paris 13e

 

samedi 21 mai de 9h30 à 18h00

Colloque d'Espace Analytique - Thème : La féminité et l'angoisse

12 rue de Bourgogne - Paris 7e

 

mardi 1er mars de 17h à 18h

en direct Radio RCF /émission Grand angle du journaliste Christophe Henning

thème : "Femme et féministe"

 https://rcf.fr ou fréquences ile-de-france : 103.8 FM, 95.5 FM, 91.2 FM

 

Vendredi 19 et samedi 20 février 2016

Colloque : Réflexions autour de la fin de l’analyse

Fondation europpéenne pour la psychanalyse/Hotel Don Curro

Calle Sancha de lara 9, Malaga

 Vendredi 19 février à 14h30 : Introduction au thème du colloque

Samedi 20 février à 16h40-17h00 : “La fin” de l’analyse est-elle un deuil apocalyptique, ou une adolescence renouvelée ?

 

jeudi 11 février 2016 de 21h à 23h

thème : "Le forclusif dans ses avatars somatiques et psychiques"

Association psychanalyse et médecine - Café Malongo - 50 rue Saint-André-des-Arts - Paris 6e

 

 dimanche 7 février de 16h à 18h

Présentation du nouveau livre de Gérard Pommier

Féminin, révolution sans fin

Ce livre sera présenté par Catherine Millot et Jacqueline Schaeffer. Les débats seront animés par Alain Vanier

Librairie Tschann - 125 boulevard du Montparnasse - Paris 6e

 

Samedi 19 Novembre 2016 à 10h30 Espace Sétois de Recherche et Formation en Psychanalyse

Publié le : 14 novembre 2016 à 16h00

 
 
 

Samedi 19 Novembre 2016 à 10h30

Espace Sétois de Recherche et Formation en Psychanalyse
 

Gérard POMMIER donnera une conférence suivie d'une discussion : 
"La place du féminin dans la société et la psychanalyse"

 

Les passions masculines ont animé l'histoire depuis son début, et symétriquement, le féminin fut rejeté. L'amour d'un père divin a légitimé toutes les sociétés existantes et à l'ombre de son totem, les luttes fratricides, les guerres d'empire commencèrent. C'est qu'il faut décider qui domine et qui est dominé, qui est un homme et qui n'est qu'une femme. Quand bien même était-il idéalement chanté et aimé, le destin d'une femme fut celui de la soumission, sinon de l'esclavage.

Depuis un siècle à peine, le cours de cette histoire se renverse. Pourquoi, comment, jusqu'où? C'est ce que l'on discutera.

A l'exception de Freud et de quelques-uns de ses compagnons de route, les psychanalystes n'ont-ils pas participé à cette idéologie du patriarcat? Beaucoup d'entre eux ne pleurent-ils pas toujours sur le supposé déclin du père? Cela mérite au moins un examen, car il faut mesurer à quel point notre société a changé. Il en va de la place de la psychanalyse.

 

Espace Sétois de Recherche et Formation en Psychanalyse
Service Médico-Psychologique - Hôpitaux du Bassin de Thau
Bd Camille Blanc - SETE

http://lienlacanien.com/

 

 

 

 


le samedi 29 octobre 2016 - TROUVILLE

Publié le : 24 octobre 2016 à 18h16

 

 


21 au 23 octobre 2016 ARANJUEZ

Publié le : 18 octobre 2016 à 18h51

COLOQUIO DE LA FEP EN ARANJUEZ 2016

COLLOQUE DE LA FEP À ARANJUEZ

Programa / Programme

 

VIERNES 21 DE OCTUBRE / VENDREDI 21 OCTOBRE

 

13:00 Recepción / réception

14:00 Apertura / ouverture: Cristina Jarque, Lola Burgos

14:15 Presentación / présentation: Graziella Baravalle, Soledad Godano

14:30 Inauguración del Coloquio / Introduction au thème du colloque Gérard Pommier

 

15:00 - 16:40 coordinador / modérateur : Cristina Jarque

15:00 - 15:20 Christian Hoffmann: Diana y Acteón: héroes del límite/ Diana et Acteón : héros de la limite

15:20 - 15:40 Lola Burgos: Madame Chatelet: entre amante y madre /

Madame Chatelet : entre maîtresse et mère

15:40 - 16:00 Patrick Landman: El retraro de Dorian Gray o la radicalización narcisista / Le portrait de Dorian Grey ou la radicalisation narcissique

16:00 - 16:20 Rosa Navarro: Retornar y trascender / Retourner et transcender

16:20 - 16:40 Intervención del público / Intervention du public

 

16:40 - 17:00 Pausa / Pause

 

17:00 a 18:40 coordinador / modérateur : Graziella Baravalle

17:00 - 17:20 Luigi Burzotta: Las cuatro letras de Gertudis / Les quatre lettres de Gertrude 

17:20 - 17:40 Estrella Romeralo: Até la diosa de la fatalidad: Até la dieuse de la fatalité  

17:40 - 18:00 Rosa Almoguera: Virginia Woolf   

18:00 - 18:20 Alfonso Gómez Prieto: Anaïs Nin: Diario de una infidelidad / Anaïs Nin : journal d'une infidélité

18: 20 - 18:40 Intervención del público / Intervention du public

 

18:40 a 19:00 Pausa / Pause

 

19:00 a 20:40 coordinador / modérateur : Soledad Godano

19:00 - 19:20 Arlette Pellé: Psicoanálisis: ¿entre arte y ciencia? /

La Psychanalyse : entre art et science ?

19:20 - 19:40 Inma Buenadicha: Coco Chanel: del texto a la tela / Coco Chanel: du texte à la toile

19:40 - 20:00 Verónica Bogao: Una mujer en busca de una habitación propia / Une femme à la recherche d'une chambre à soi

20:00 - 20:20 Aspasie Bali: Medea de ayer y de hoy / Médée d'hier et d'aujourd'hui

20:20 - 20:40 Intervención del público / Intervention du public

 

 

20:40 FIN

 


SÁBADO 22 DE OCTUBRE / SAMEDI 22 OCTOBRE

10:00 a 11:40 coordinador / modérateur : Alfonso Gómez Prieto

10: 00 - 10:20 Izabel Szpacenkopf: Shakespeare y Hamlet: El duelo, el sufrimiento en la producción subjetiva / Shakespeare et Hamlet : Le deuil, la souffrance dans la production subjective.

10:20 - 10:40 Laura Kait: Todo negro: Back to black / Tout noir: Back to black

10:40 - 11:00 Claude Lecoq: Psicoanálisis, escritura: orden o desorden a propósito de Nelly Arcan / Psychanalyse, écriture : ordre ou désordre à propos de Nelly Arcan.

11:00 - 11:20 Soledad Godano: Cuando Roméo y Julieta comieron perdices /

Quand Roméo et Juliette vécurent heureux

11:20 - 11:40 Intervención del público / Intervention du public

 

11:40 - 12:00 Pausa / pause

 

12:00 - 13:40 coordinador / modérateur : Gorana Manenti

12:00 - 12:20 Alejandra Ruiz: Lo que nos enseña el relato fantástico sobre el pasaje al acto / Ce qui nous apprend le récit fantastique sur le passage à l'acte

12:20 - 12:40 Cristina Jarque: Esmeralda (de Víctor Hugo): objeto de lujuria

/ Esmeralda (de Victor Hugo) objet de luxure

12:40 - 13:00 Dany Nobus: Un aire de ser sujeto: a propósito de un poema de Lacan / Air d'être sujet: À propos d'un poème de Lacan

13:00 - 13:20 Gérard Pommier: En búsqueda de las leyes del número: la poesía de Klebnikov/

À la recherche des lois du nombre : la poésie de Klebnikov

13:20 - 13:40 Intervención del público / Intervention du public

13:40 a 16:00 COMIDA / DÉJEUNER

 

16:00 - 17:40 coordinador / modérateur : Belén Rico

16:00 - 16:20 Gorana Manenti: La tragedia de Anna Karenina: atreverse al amor desde lo femenino / La tragédie d'Anna Karenina, oser à l'amour à partir du féminin

16:20 - 16:40 Orsola Barberis: Michel de Montaigne y su aviso al lector: nombre, verdad y ficción / Michel de Montaigne et son avertissement au lecteur : nom, vérité et fiction

16:40 - 17:00 Graziella Baravalle: Alejandra Pizarnik: La creación de un estilo, entre la escritura y la vida/ Alejandra Pizarnik : La création d'un style entre l'écriture et la vie 

17: 00 - 17:20 Jean-Marie Fossey: La urgencia de la escritura pone a prueba la pulsión de muerte / L'urgence de l'écriture à l'épreuve de la pulsion de mort. (Soledad Godano traduce un fragmento del texto que no está en la fotocopia) (Soledad Godano traduit un fragment du texte qui n'est pas dans la photocopie)

17:20 - 17:40 Intervención del público / Intervention du public

17:40 a 18:00 Pausa / Pause

 

18:00 a 19:20 coordinador / modérateur : Lola Burgos

18:00 - 18:20 Hèléne Godefroy: El Einfall y sus resortes pulsionales /

L'arrière pensée et ses resorts pulsionnels  

18:20 - 18:40 Belén Rico: Rosalía de Castro: una melancolía en femenino /

Rosalía de Castro: une mélancolie au féminin 

18:40 - 19:00 Lola Gómez: La palabra como escultora del deseo / Le mot en tant sculpteur du désir

19:00 - 19:20 Gricelda Sarmiento: Los mil muertos de la Hilflosigskei /

Les mille morts de la déréliction

19:20 - 19:40 Intervention del público / Intervention du public

19:40 FIN

20:00 a 21:00 Reunión de los miembros de la FEP /Réunion des membres de la FEP

21:00 CENA / DÎNER

 

 

 

 

DOMINGO 23 DE OCTUBRE / DIMANCHE 23 OCTOBRE

 

10:00 - 11:20 : coordinador / modérateur : Rosa Navarro

10:00 - 10:20 Karolien Van Diest: Doris Lessing: entre escritura y maternidad /

Doris Lessing: entre écriture et maternité

10:20 - 10:40 Rhadija Lamrani: Psicoanálisis y textos literarios: las raíces freudianas de las interrogantes literarias / Psychanalyse et les textes littéraires : Les racines freudiennes de l'interrogation littéraire

10:40 - 11:00 Silvia Saskyn; Lo femenino y la escritura en Freud y Lacan /

 Le féminin et l'écriture en Freud et Lacan  

11:00 - 11:20 Tristan García-Fons: Desde La linea de sombra hasta Sale el espectro, la escritura del evento juvenil / De la Ligne d’ombre à Exit le fantôme,  l’écriture de l’évènement  juvénile

11:20 - 11:40 Intervención del público / Intervention du public 

 

11:40 - 12:00 Pausa / pause

 

12:00 - 12:30 Clausura de las jornadas / Clôture des journées :

 

Graziella Baravalle

Presidenta de la Fundación Europea para el Psicoanálisis (FEP)

Miembro del Comité científico y de organización del Coloquio de la FEP en Aranjuez

 

Cristina Jarque

Miembro de la Mesa Directiva (Bureau) de la Fundación Europea para el Psicoanálsisis (FEP)

Coordinadora general del Coloquio de la FEP en Aranjuez

 

12:30 FIN     


Comité científico de las jornadas / Comité scientifique des journées :

Graziella Baravalle, Gorana Manenti, Lola Burgos, Luigi Burzotta, Roland Chemama, Hèléne Godefroy, Alfonso Gómez Prieto, Christian Hoffmann, Cristina Jarque,  Rosa Navarro, Arlette Pellé, Gérard Pommier, Belén Rico, Patrick Landman

Comité de organización / Comité d'organisation :

Graziella Baravalle, Imaculada Buenadicha, Gorana Manenti, Lola Burgos, Luigi Burzotta, Roland Chemama, Hèléne Godefroy, Lola Gómez Lancha, Alfonso Gómez Prieto, Marian Higueras, Cristina Jarque, Rosa Navarro, Arlette Pellé, Gérard Pommier, Belén Rico, Estrella Romeralo, Carmen Soto

 

Gestión:

- Cristina Jarque: cristinajarque@gmail.com

- Lola Burgos: lola_burgos@yahoo.es

- Belén Rico:  maralbelgom@gmail.com

- Alfonso Gómez Prieto: alfonso.gomezprieto@yahoo.es

- Soledad Godano: mmsgodano@hotmail.com

 

El precio de inscripción del Coloquio es: 80 euros en general, 60 euros miembros de la Fundación e intervinientes, 10 euros estudiantes, a pagar in situ.

Les  frais d’inscription aux journées sont : 80 euros en général, 60 euros membres de la Fondation e intervenants, 10 euros étudiants, à régler sur place. 

Sugerencia de hospedaje: Hotel Don Manuel en Aranjuez

Sugèrence d'hèbergément : Hôtel Don Manuel

https://www.google.es/maps/uv?hl=es&pb=!1s0xd4205970173a9af:0xfd80f91fe871d901!2m5!2m2!1i80!2i80!3m1!2i100!3m1!7e1!4s//plus.google.com/photos/photo/115742096756276953970/6112864241909179266!5shotel+don+manuel+en+aranjuez+-+Buscar+con+Google&sa=X&sqi=2&ved=0ahUKEwiA2riGy5rLAhVHuBoKHV5oA5UQoioIqwEwCg 

 

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Pour l’introduction du colloque d’Aranjuez 2016


Gérard Pommier

 

 

La littérature et la poésie ne sont pas souvent le thème principal de nos colloques, alors que le geste poétique est dans l’esprit même de notre pratique, lorsqu’elle s’élève à la dignité d’un art. Il ne s’agit pas simplement de se laisser enseigner par les poètes académiques, ceux dont on lit les œuvres à l’école et chez les libraires. Car il faut mesurer ce qu’il y a d’originaire dans la poésie : la naissance de la parole y prend appui. Dans la parole ordinaire, on peut entendre cet écho lointain en plein milieu du discours raisonnable, en prêtant bien l’oreille. Elle rythme ensuite le dire des analysants. On pourrait dire de celui qui sait entendre les rimes, c’est-à-dire les répétitions et les dysharmonies symptomatiques des phrases, qu’il mérite d’être appelé « analyste ». Il laisse venir à lui l’écho lointain de l’enfance, dont la poésie propre fut recouverte à l’âge de raison.[1] Elle est à peine reconnaissable dans la poésie publiée dans les livres, ou elle perd sa musique et sa présence. La poésie de librairie sonne comme une chanson rescapée – celui qu’on appelle « poète » dans les écoles est un survivant : une sorte de dinosaure de l’enfance.[2] Il a continué à rimer contre toute raison comme il a pu : au milieu des villes, dans le métro, dans les rues en traversant… plutôt en dehors des clous. Le plus souvent son inspiration a perdu son souffle dès qu’elle a été stockée dans les casiers de l’art (il faudrait d’ailleurs plutôt dire « estoquée » ). Au milieu du fatras décoratif et des modes d’époque, il arrive que la poésie survivante garde le souffle de sa première inspiration : celle qui a été prise à fond pour ne pas expirer. Car la poésie fut d’abord une planche de salut, aux premières heures de la vie.[3]

En écrivant cette entrée en matière, je me suis souvenu d’une petite phrase que Freud écrivit dans un moment d’ébullition, et qu’il ne publia jamais : dans l’Esquisse pour une psychologie scientifique, il remarqua – comme si c’était une évidence – qu’un enfant qui crie n’arrive pas à s’arrêter : ses propres larmes le font pleurer. Il se souvient de son cri d’avant. C’est vrai : lorsqu’un enfant se met à pleurer, il oublie vite pourquoi, et il continue pourtant. Submergé par son propre cri, il fait rimer son cri avec celui qu’il avait poussé avant.[4]

Un cri a d’abord été provoqué par une cause quelconque. Mais une fois qu’un enfant a crié, il a continué le faire - parce qu’il a crié. Il crie en souvenir du cri d'avant, et encore de celui d’avant : et jusqu’où cela va-t-il remonter comme ça ? Ce cri cherche à remonter en arrière, mais il s’écrase sur le mur du temps - qui lui, ne va qu’en avant. C’est une nostalgie de la séparation. Dès le jour de la naissance, une sorte de poésie fait rimer la musique de l’origine : sa répétition a commencé au rythme du premier souffle en faisant consonner avec elle-même la duplicité du cri.

Le cri fait crier, car son aller-retour est effrayant : il sort par la bouche, et il revient aussitôt par l’oreille, comme s’il hurlait un commandement maternel. C’est un peu comme une menace d’être avalé par l’écho de sa propre voix. Ce ressac qui risque d’engloutir provoque une angoisse de l’inceste, et elle est calmée par la poésie - lorsque l’enfant répète lui-même les sonorités du cri : quand il babille, quand il oppose les tons musicaux entre eux, quand il chantonne deux fois chaque syllabe. Cet acte poétique fait rimer le cri avec lui-même. Par la porte étroite de cette poésie, l’enfant se sépare : il entre dans la vie. Lorsqu’il redouble les syllabes, joue avec les tons, il naît lui-même de cette poésie. La répétition approprie la terreur du cri. Lorsqu’un nourrisson redouble la même syllabe, il abandonne la première à sa mère – c’est la pulsion qui tourne en rond - et lorsqu’il fait sonner la seconde - celle qui rime – elle est à lui : elle proclame son empire sur la pulsion qui est ainsi devenue son esclave. Cette appropriation poétique annonce la parole, et de proche en proche elle colonise l’univers : car la première syllabe n’a d’abord été que l’écho des sensations. Elle a consonné de proche en proche avec chaque perception. Avant de rimer, la première syllabe donnait la main à tout ce qu’elle voyait comme à ce qu’elle entendait. Et dès qu’elle s’est mise à rimer, le monde est devenu le royaume de celui qui sut la faire assoner.

Il a quitté sa mère sous le coup de cette assonance, et il vient donc de s’exiler. La rime fait sonner la nostalgie de ce qu'il y avait avant et encore avant : c'est une nostalgie des plus étrange, car elle regrette une fusion incestueuse, celle-là même qu’il a fallu fuir au plus vite : il a fallu échapper à la sorte d’avalement du cri que la poésie a tenu à distance.

C’est un exil qui se produit bien avant un interdit de l'inceste, qui serait imposé par le père du complexe d’Œdipe. Je viens de dire au contraire que cet interdit résulte de l’engagement dans la parole, porté par le premier cri métamorphosé en poésie. C’est un « engagement » plutôt qu’une loi, car aucun législateur ne l’édicte[5]. Le père du complexe d’Œdipe est de beaucoup postérieur à cet engagement. Il est vrai que chez les gorilles une sorte d’interdit est énoncé par le mâle le plus puissant qui s’accapare les femelles. Mais, pour les êtres parlants, une sorte de phobie de l'inceste spontanée s’impose grâce à l’effet poétique ; qui chante en même temps la nostalgie de cette séparation. Cette poésie dresse un mur musical contre l’inceste, dont le complexe d’Œdipe jouera plus tard la mise en scène.

La poésie ouvre la voie à la parole. Grâce à elle, un infini sonore s’approprie. Mais cette prise de possession ne fait-elle pas du poète une sorte de criminel ? La répétition poétique écrante le désir incestueux. Faire rimer deux syllabes, faire chanter les tons de la voix, c’est fuir sa mère. Cet art de la fugue ne mérite-t-il pas une punition ? Ainsi naît le loup, l’ogre, l’UrVater prêt à dévorer le poète à peine naissant. L’innocent poème est un appel mystique au père. Aucun père gorille ne promulgue la loi de l’interdit de l’inceste. Mais au contraire, chantonner le poème de l’origine fait naître un Urvater - qui lui ressemble beaucoup. Chanter la poésie, c’est le faire surgir. Le père primitif se crée dans l’interstice du cri, à la jointure de sa division poétique interne. Comme un innocent et tout en chantonnant, le poète cherche à prendre la place de ce « père du logos »[6]. Tout poète est un orphelin, si l’on qualifie ainsi celui qui s’en va en chantant, tout en oubliant qu’il vient de tuer son père et de fuir sa mère. Rime rime avec crime.

La culpabilité ontique de l’être parlant s’installe ainsi dès qu’il rime. Il est talonné dès le début par un masochisme sacrificiel. On le mesure plus tard : Ceux qui restent poètes se suicident plus que les autres : ils meurent plus vite que tous ces autres qui enterrent leur poésie sous leur parole. Leur parole cherche à les excuser. Chaque phrase définit un mot par un autre mot, qui l’explique : c’est le tournant qui va de l’analphabétisme à l’alphabétisme. L’enchainement signifiant succède à la division poétique du cri. Faire une phrase qui explique quelque chose, c’est oublier la musique de ses mots au profit de sa signification.

Le poète naissant oublie le crime qui rythme ses rimes. Et c’est pourquoi il va devenir un raisonneur qui va s’acheminer vers la parole, vers la rationalité du discours alphabétique, en effaçant les traces de la poésie elle-même. La poésie est un témoin à charge. Rare sont ceux qui ensuite, plus tard, continue de rendre grâce à la poésie, à la voix qui les poussa vers la vie. A chaque fois qu’elle revient en scène, plus tard, la poésie effondre la signification de l’enchaînement des mots grâce à la répétition des sons, et elle retrouve le sens musical de l’origine. Elle réduit la valeur du signifiant en faisant sonner son signifié, c'est-à-dire la charge pulsionnelle, connectée à la Chose même. Cette « chose même », qui se tient au fond du labyrinthe des signifiés, résonne en même temps que l’assonance poétique. Cette « chose même » pourrait faire résonner son chant de sirène : celui de l’inceste. Mais il n’est pas plutôt découvert qu’il est mis à distance par le geste poétique. C’est ce geste qui protège de l’angoisse des perceptions, et c’est pourquoi les choses perçues demandent à être nommées : la vision du monde inspire, elle aspire celui qui les voit hors de lui. Elles le poussent à prendre un papier blanc et à écrire, à traduire son inspiration par le monde extérieur, en un équivalent visuel des perceptions, c'est-à-dire en une poésie qui s’écrit : c’est la fille lointaine du chant du début.  La première enfance chantait sa poésie. Et celle qui plus tard lui survit s’écrit. De la voix au voir, l’angoisse du cri s’est déplacée : elle s’est projetée dehors et elle habite l’âme des choses visibles. C’est fidèle à leurs formes que les lettres s’écrivent. Le poème s’écrit, pour être fidèle à la terre maternelle visible, celle où l’angoisse de l’inceste plus tard s’est réfugiée. Les villes se sont entourées de murailles pour se protéger de la Mère nature. Les pages écrites d’un poème élèvent, elles-aussi un tel mur.

Ce que je viens de dire ne concerne pas la poésie académique, mais celle qui reste fidèle à la poïesis, comme cela peut s’écrire selon son étymologie grecque : c’est l’acte originel qui signifie « faire », ou « créer », et il s’apparente aussi au verbe « causer ». Le premier acte de chaque enfant est ce geste poïétique qu’il accomplit en dédoublant son cri de ses rimes. Il écarte ainsi de lui-même son propre corps incestueux. En accomplissant un tel sacrifice, la rime est bien le crime innocent du début. Une fois commise la première rime, il faut avancer, la chanson ne peut plus reculer. Voilà ce qu’est la cause originelle du désir : elle est fidèle à ce que fut le premier mouvement de l’être vers sa fin : car il faut en finir. Le désir s’allume au premier instant de la vie, lorsqu’il faut se séparer et partir. Mourir pour vivre selon le joyeux sacrifice du geste poétique. La « jouissance » n’est pas première, elle est la conséquence de ce désir du départ.

Du cri à sa rime, il faut le retournement de la pulsion de mort pour que le corps s’échappe à lui-même pour se récupérer en dehors de ce lui-même – dans l’érection phallique, ou l’érotisme poïétique : en réalité l’un ne va pas sans l’autre. Cette appropriation de la pulsion de mort n’est pas le désir de l’Autre, mais celui du sujet. La pulsion de mort ainsi retournée porte le désir lui-même et fait résonner la nostalgie d’un retour qui demande à être aussitôt fuit. Le désir est désir de retour, mais l’angoisse de ce retour entraîne tout aussitôt une fuite indéfinie – et d’abord celle des représentations de choses : les images, les signifiés qui semblent s’associer tout seul à toute vitesse. C’est un sauve-qui-peut, une fuite permanente. L’association des représentations de choses prend toutes les routes en même temps grâce aux équivalences généralisées des pulsions qui logent aussi bien dans le corps que dans les mots, ou encore que dans les étoiles. Les homophonies, les comparaisons partent à l’infini dans tous les sens. Les analogies, la dichotomie des images témoignent de la nostalgie contrariée d'une origine qui fut tout de suite un rêve, et le combustible inépuisable du désir. Car telle est la scission interne qui rend le désir insatiable, affolé qu’il est par sa propre scissiparité.

Notre vie se dédouble ainsi, entre notre corps de chair renoncé et le corps rêvé qui l’habite. C’est l’acte qui sépare notre angélisme natif de sa corporéité : nous le libérons en ce seul geste du sang qu’il hante : ce sang qui ne demanderait qu’à couler, si la poésie s’arrêtait de chanter.  Dans sa pureté vraiment analphabète, le geste poïétique ne s’appuie que sur lui-même. Il tire sa puissance de son propre anéantissement et se cause ainsi tout seul : il se propulse de son propre mouvement. Il vole mieux qu’un oiseau - dont les ailes réclament le soutien de l’air. Il fuse plutôt comme un vaisseau interstellaire, qui s’arc-boute sur son propre métal, sans prendre le moindre appui sur rien. Son « propre métal », c’est la dureté de la première syllabe du cri, avant qu’elle ne rime avec elle-même : tel est son point d’appui. Sa propre consomption sonore propulse le poïetique. Sa rime s’appuie sur ce avec quoi elle rime. Elle sonne avec le son d’avant, et elle rime en même temps avec ce dont elle est l’écho, avec ce qu’elle a perçu, et sur lequel elle a rebondit : ce qui se voit là-bas, et ce qui s’entend ici. De proche en proche, elle s’est ainsi engrossée de l’univers. Elle boit à sa santé juste en faisant trinquer un son avec un autre : Ding ! C’est ton contre ton. En un aussi petit tintement, l’univers s’harmonise et résonne : et si tout se dit ainsi, la langue fondamentale entre en scène, en faisant sonner la clarté de son cristal. Ce qui s’appuie sur soi et s’accorde avec l’univers, selon les tons de chaque chose, c’est cette langue originaire, celle que Platon décrivit dans son Cratyle. C’est cet espoir de fusion généralisée, qui décrivit le premier une langue fondamentale oubliée qui se serait construite grâce à une équivalence des représentations de choses et de leurs sonorités.

On connaît son innombrable descendance, c’est la foule des langues parfaites que ce sont disputés les philosophes, les logiciens et les poètes. Dans leur foule on entend parler la Grundsprache de Schreber, le Zaoum de Khlebnikov, et la Lalangue de Lacan.

La poésie est la rampe de lancement de la parole, mais une fois lancée l’association des mots entre eux, du même coup ils étouffent leur propre musique. Ils ravalent la nostalgie du signifié. C’est le suicide de la poésie, car telle est son destin : elle est recouverte par les rationalisations, les « parceque » et les « pourquoi ». Elle est enterrée par ses propres enfants qui sont des raisonneurs bien habillés dans leur babil, et bien alphabétisés. Toute phrase sensée est lourde de poésie reniée.

 

 

[1] Cette poésie d’origine est le ressort caché des autres arts analphabètes - comme le flamenco, la poésie d’eau. Comme la psychanalyse. C’est elle qui anime les arts qui laissent des œuvres comme la musique ou la peinture.

 

[2] Plus tard peut-être, l’enfant redeviendra poète (mais le plus souvent cela ne lui arrivera jamais plus, sauf lorsqu’il pensera à écrire ses rêves).

[3] Lorsque prit naissance le rêve récurrent et sans doute universel de se trouver face à une vague immense.

[4] On peut remarquer aussi que lorsqu’un enfant en entend un autre pleurer, il s’y met aussi.

[5] Cette « loi » n’est énoncée nulle part – en tout cas pas dans le droit français.

[6] Platon le baptisa ainsi dans le Phèdre.

 

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Introducción al Coloquio de Aranjuez  2016

 

                                                                                   Gérard Pommier

 

          La literatura y la poesía no suelen ser el tema principal de nuestros coloquios, a pesar de que la gesta poética está en el espíritu mismo de nuestra práctica, cuando ésta se eleva a la dignidad de un arte. No se trata simplemente de dejarse enseñar por los poetas académicos, cuyas obras leemos en la escuela y están en las librerías.  Hay que considerar lo que hay de originario en la poesía, pues allí encuentra  su base el nacimiento de la palabra. En la palabra ordinaria puede oírse ese eco lejano en medio del discurso razonable, si escuchamos con atención. En ella se oye el ritmo del decir de los analizantes. Se podría decir de quien sabe escuchar las rimas, es decir las repeticiones y las desarmonías sintomáticas de las frases, que merece ser llamado “analista”. Pues él deja que le llegue el eco lejano de la infancia, cuya propia poesía quedó oculta en la edad de la razón.[1] Apenas puede reconocerse en la poesía publicada en los libros, donde pierde su música y su presencia. La poesía de librería suena como una canción que se ha salvado – aquél a quien se llama “poeta” en las escuelas es un superviviente: una especie de dinosaurio de la infancia[2] . Ha continuado rimando como ha podido contra toda razón: en medio de las ciudades, en el metro, en las calles que atraviesa… más bien fuera de las líneas de cebra. Con frecuencia su inspiración ha perdido su aliento cuando ha sido almacenada en los casilleros del arte (habría que decir más bien “asesinada”). En medio del fárrago decorativo y de las modas, a veces sucede que la poesía superviviente conserva el aliento de su primera inspiración, la que realizó profundamente para no expirar. Pues la poesía fue en primer lugar una tabla de salvación en las primeras horas de la vida.[3]

          Escribiendo esta entrada en materia, he recordado una pequeña frase que Freud escribió en un momento de ebullición y que no publicó nunca. En el Esquema de una psicología para neurólogos, señala – como si fuera una evidencia- que un niño que llora no puede detenerse, sus propias lágrimas lo hacen llorar. Recuerda su grito de antes. Es verdad; cuando un niño se pone a llorar, olvida pronto el porqué, y sin embargo continúa. Sumergido en su propio grito, hace rimar este grito con el que había lanzado antes.[4]

          Primero fue provocado un grito sin causa alguna. Pero una vez que el niño ha gritado, sigue haciéndolo porque ha gritado. Grita en recuerdo del  grito anterior y aún del anterior. ¿Y hasta dónde llegará a remontarse? Ese grito intenta remontar  hacia atrás, pero se estrella contra el muro del tiempo, que sólo va hacia adelante. Es una nostalgia de la separación. Desde el día del  nacimiento, una suerte de poesía hace rimar la música del  origen. Su repetición ha comenzado al ritmo del primer aliento haciendo consonar consigo misma la duplicidad del grito.

          El grito hace gritar, pues su vaivén da miedo. Sale por la boca y vuelve a entrar por la oreja, como si fuera  el alarido de un mandato materno. Algo así como una amenaza de ser tragado por el eco de su propia voz. Esa resaca que podría devorarlo provoca una angustia del incesto, y es aliviada por la poesía, cuando el niño repite él mismo las sonoridades del grito, cuando balbucea, cuando opone entre ellos los tonos musicales, cuando tararea dos veces cada sílaba. Este acto poético hace rimar el grito consigo mismo. Por la puerta estrecha de esta poesía el niño se separa. Entra en la vida. Cuando redobla las sílabas, juega con los tonos, nace él mismo de esta poesía. La repetición domestica el terror  del grito. Cuando un bebé redobla la misma sílaba, deja la primera a su madre – es la pulsión que gira en redondo- y cuando hace sonar la segunda –la que rima- esa le pertenece y proclama su imperio sobre la pulsión que así se ha convertido en su esclava. Esta apropiación poética anuncia la palabra y poco a poco coloniza el universo, pues la primera sílaba en  el inicio no ha sido sino el eco de las sensaciones. Antes de rimar, la primera sílaba daba la mano a todo lo que veía y a todo lo que escuchaba. Y en cuanto se puso a rimar, el mundo se convirtió en el reino de quien supo crear sus asonancias.

          El niño ha abandonado  a su madre bajo el golpe de esa asonancia y acaba pues de exilarse. La rima hace sonar la nostalgia de aquello que había antes  y aún antes. Es una nostalgia de lo más extraña, pues echa de menos una fusión incestuosa, la misma de la que había que huir rápidamente. Era necesario escapar al riesgo de ser devorado  por el grito que la poesía mantenía a distancia.

          Se trata de un exilio que se produce mucho antes de la prohibición del incesto que sería impuesta por el padre del complejo de Edipo.  Acabo de decir por el contrario que esta prohibición resulta del ingreso en la palabra, producido por el primer grito metamorfoseado en poesía. Es un “·compromiso” más que una ley, pues no la dicta ningún legislador.[5] El padre del complejo de Edipo es muy posterior a este compromiso. Es verdad que entre los gorilas el macho más potente, que acapara las hembras, enuncia una especie de prohibición. Pero para los seres hablantes, se impone una suerte de fobia del incesto espontánea gracias al efecto poético, que canta al mismo tiempo la nostalgia de esta separación. Esta poesía levanta un muro musical contra el incesto que más tarde será puesto en escena por el complejo de Edipo.

          La poesía abre el camino a la palabra. Gracias a ella queda apropiado un infinito sonoro. Pero esta toma de posición ¿no convierte al poeta en una especie de  criminal? La repetición poética separa del deseo incestuoso. Hace rimar dos sílabas, hace cantar los tonos de voz, es huir de la madre. ¿Este arte de la fuga no merece un castigo? Así es como nace el lobo, el ogro, el Urvater  listo para devorar al poeta  apenas nace. El inocente poema es un llamado místico al padre. Ningún padre gorila promulga la ley de prohibición del incesto. Pero por el contrario, tararear el poema del origen hace nacer un Urvater que se le parece mucho. Cantar la poesía es hacerlo surgir. El padre primitivo se crea en el intersticio del grito, en la juntura de su división poética interna. Como un inocente y canturreando, el poeta intenta ocupar el lugar de ese “padre del logos[6]. Todo poeta es un huérfano, si así se califica al que va cantando, olvidándose que viene de matar a su padre y de huir de su madre. Rima su crimen con la rima.

          La culpabilidad óntica del ser hablante se instala así desde que rima. Desde el comienzo es aguijoneado por un masoquismo sacrificial, cuya medida se advierte más tarde. Los que siguen siendo poetas se suicidan más que los otros, mueren antes que todos aquellos que entierran su poesía bajo sus palabras. La palabra intenta excusarlos. Cada frase define una palabra por otra que la explica. Es el giro que va del analfabetismo al alfabetismo. El encadenamiento significante sucede a la división poética del grito. Hacer una frase explica algo, es olvidar la música de sus palabras en beneficio de la significación.

           El poeta precoz  olvida el crimen que ritma sus rimas. Y por eso se v convertirá en un razonador que se encamina hacia la palabra, hacia la racionalización del discurso alfabético, borrando las huellas de la poesía misma. La poesía es un testigo de cargo.  Raros son los que luego, más tarde, continúan honrando a la poesía, a la voz que los impulsó hacia la vida. Después, cada vez que la poesía  reaparece en escena, destruye  la significación del encadenamiento de las palabras gracias a la repetición de los sonidos, y reencuentra el sentido musical del origen. La poesía reduce el valor del significante haciendo sonar su significado, es decir, la carga pulsional conectada a la Cosa misma. Esta “cosa misma”, que se mantiene en el fondo del laberinto de los significados resuena al mismo tiempo que la asonancia poética. Esta “cosa misma” podría hacer resonar su canto de sirena, el canto del incesto. Pero apenas es descubierto  el gesto poético lo pone a distancia. Es este gesto el que protege de la angustia de las percepciones y por eso las cosas percibidas piden ser nombradas; la visión del mundo inspira y aspira a quien las ve fuera del mismo. Estas cosas lo impulsan a tomar una hoja en blanco y a escribir, a traducir su inspiración por el mundo exterior, en un equivalente visual de las percepciones, es decir en una poesía que se escribe, hija lejana del canto del comienzo. De la voz al ver, la angustia del grito es desplazada, se proyecta hacia afuera y habita el alma de las cosas visibles. Las letras se escriben fieles a sus formas. El poema se escribe para ser fiel a la tierra materna visible, esa tierra donde luego se ha refugiado la angustia del  incesto. Las ciudades se han rodeado de murallas para protegerse de la Madre naturaleza. Las páginas escritas de un poema también levantan ese muro.

          Lo que acabo de decir no concierne a la poesía académica, sino a aquella que permanece fiel a la poiesis, que puede escribirse así según su etimología griega: es el acto original que significa “hacer” o “crear” y está también relacionado con el verbo “hablar”. El primer acto de cada niño es ese gesto poiético que lleva a cabo separando su grito de sus rimas. Aparta así de él mismo su propio cuerpo incestuoso.  Realizando ese sacrificio, la rima es así el crimen inocente del comienzo. Una vez cometida la primera rima hay que avanzar, la canción no puede retroceder. Esto es pues la causa original del deseo, fiel a lo que fue el primer movimiento del ser hacia su fin; pues se debe terminar. El deseo se enciende en el primer instante de la vida, cuando hay que separarse y partir. Morir para vivir según el gozoso sacrificio del gesto poético. El “goce” no es primero, es la consecuencia de ese deseo del inicio.

          Del crimen a su rima, es necesaria la inversión de la pulsión de muerte para que el cuerpo escape a sí mismo para recuperarse por fuera de ese sí mismo – en la erección fálica, o en el erotismo poiético. En realidad el uno no va sin el otro.  Esta apropiación de la pulsión de muerte no es el deseo del Otro, sino el del sujeto. La pulsión de muerte así invertida es portadora del deseo mismo y hace resonar la nostalgia de un retorno del que hay que huir inmediatamente. El deseo es deseo de retorno, pero la angustia de ese retorno  acarrea simultáneamente una fuga indefinida – y en primer lugar la de las representaciones de cosas: las imágenes, los significados, que parecen asociarse espontáneamente a toda velocidad. Es un “sálvese quien pueda”, una fuga permanente. La asociación de las representaciones de cosas toma todas las rutas al mismo tiempo gracias a las equivalencias generalizadas de las pulsiones que se alojan tanto en los cuerpos como en las palabras, o incluso en las estrellas. Las homofonías, las comparaciones parten hacia el infinito en todos los sentidos. Las analogías, la dicotomía de las imágenes testimonian la nostalgia contrariada de un origen que fue enseguida un sueño, y el combustible inagotable del deseo. Pues tal es la escisión interna que hace al deseo insaciable, enloquecido como está por su propia escisiparidad.

          Nuestra vida se desdobla así, entre nuestro cuerpo de carne renunciado y el cuerpo soñado que lo habita. Por el acto que separa nuestro angelismo nativo de su corporeidad.  Lo liberamos por ese único gesto de sangre que lo acecha, esa sangre que sólo pide derramarse, si la poesía dejara de cantar. En su pureza verdaderamente analfabeta, el gesto poiético no se apoya sino en sí mismo. Encuentra su potencia en su propio anonadamiento, y se causa por sí sólo; se propulsa con su propio movimiento. Vuela mejor que un pájaro cuyas alas reclaman el sostén del aire. Se proyecta como una nave interestelar, que se afianza en su propio metal, sin buscar el menor apoyo en otra cosa. Su “propio metal”, es la dureza de la primera sílaba del grito, antes de que rime consigo misma. Tal es su punto de apoyo. Su propia consunción sonora propulsa lo poiético. Su rima se apoya sobre aquello con lo que rima. Suena con el sonido anterior, y rima al mismo tiempo con aquello de lo que es el eco, con lo que ha percibido y sobre lo cual ha rebotado: lo que se ve allá abajo y lo que se escucha aquí.  Paso a paso queda encinta del universo.  Bebe a su salud haciendo chocar un sonido con otro: ¡Ding! Tono contra tono. En ese pequeño tintineo el universo se armoniza y resuena. Y si todo se dice así, la lengua fundamental entre en escena, haciendo sonar la precisión de su cristal. Lo que se apoya sobre sí, y entra en concordancia con el universo, según los tonos de cada cosa, es esta lengua originaria, la que Platón describió en su Cratilo. Se trata de esta esperanza de fusión generalizada que describe por primera vez una lengua fundamental olvidada, que sería construida gracias a una equivalencia entre las representaciones de cosa y sus sonoridades.

          Se conoce su innumerable descendencia, la multitud de lenguas perfectas que se han disputado los filósofos, los lógicos y los poetas. Entre ellas se oye hablar a la Grundschprache de Schreber, el Zaoum de Khlebnikov y Lalangue de Lacan.

          La poesía es la rampa de lanzamiento de la palabra, pero una vez lanzada la asociación de las palabras entre ellas, al mismo tiempo ahogan su propia música. Aplastan la nostalgia del significado. Es el suicidio de la poesía, pues tal es su destino. Queda recubierta por las racionalizaciones, los “porque” y los “porqués”. Es enterrada por sus propios hijos que son los razonadores bien vestidos en su parloteo, y bien alfabetizados. Toda frase sensata se alimenta de poesía renegada.

 

         

 

[1] Esta poesía de origen es el resorte oculto de las otras artes analfabetas – como el flamenco, la poesía… Como el psicoanálisis. Es la que anima las artes que dejan obras como la música o la pintura.

[2] Más tarde, tal vez, el niño se hará poeta (pero lo más frecuentemente es que eso no suceda nunca, salvo cuando piense en escribir sus sueños).

[3] Cuando nació el sueño recurrente y sin duda universal de encontrarse frente a una ola inmensa.

[4] Se puede señalar también que cuando un niño oye a otro niño que llora, también se pone a llorar.

[5] Esta ley no está enunciada en ninguna parte, en todo caso no en el derecho francés.

[6] Así lo bautizó Platón en el Fedro.

 

 


19 au 21 février 2016 MALAGA

Publié le : 18 février 2016 à 14h19

Fondation européenne pour la psychanalyse

Réflexions autour de la fin de l’analyse

Hotel Don Curro

Calle Sancha de lara 9, Malaga

 

Vendredi 19 février à 14h30 : Introduction au thème du colloque

 Samedi 20 février à 16h40-17h00 : “La fin” de l’analyse est-elle un deuil apocalyptique, ou une adolescence renouvelée ?

 


Dimanche 7 février de 16h à 18h

Publié le : 28 janvier 2016 à 18h57

Tschann libraire et les éditions Jean-Jacques Pauvert

125 bd du Montparnasse - Paris 6e

DIMANCHE 7 FEVRIER de 16h à 18h

Présentation du nouveau livre de Gérard Pommier

Féminin, révolution sans fin

Ce livre sera présenté par Catherine Millot et Jacqueline Schaeffer. Les débats seront animés par Alain Vanier


15-16 novembre - LYON

Publié le : 16 octobre 2014 à 18h27


7-8 septembre 2013 - Mantoue

Publié le : 2 septembre 2013 à 18h14


3 au 5 mai 2013 - WUHAN (CHINE)

Publié le : 15 avril 2013 à 18h40


14-16 juin 2013 - Tolede

Publié le : 28 mars 2013 à 19h25

Jornadas de la FEP en Toledo: "Pasiones desenfrenadas" (del 14 al 16 de junio de 2013)

Hotel Alfonso VI, General Moscardó 2, Casco Histórico de Toledo, 45001

Tel.: (34) 925-281-210

Viernes 14 de junio.

- 14:00 Inscripción

- 14:45 Presentación: Roland Chemama y Cristina Jarque

- 15:00 Inauguración de las Jornadas: Gérard Pommier

- 15:30 a 17:00 Claus Rath, Marcelo Edwards, Graziella Baravalle

Coordinador de la mesa: Silvia Lippi

- 17:30 a 19:00 Claude Dumézil, Roland Chemama, Christian Hoffmann

Coordinador de la mesa: Rosa Navarro

- 19:30 a 21:00 Gorana Manenti, Luigi Burzotta, Gérard Pommier

Coordinador de la mesa: Cristina Jarque

Sábado 15 de junio.

- 10:00 a 11:30 Alejandra Barrón, Arlette Pellé, Kar-Josef Passini

Coordinador de la mesa: Marcelo Edwards

- 12:00 a 13:30 horas Cristina Jarque, Lola Burgos, Alfonso Gómez Prieto

Coordinador de la mesa: Graziella Baravalle

- 16:00 a 17:30 Jorge Gómez Alcalá, Francisco Rengifo, Rosa Navarro

Coordinador: Marcelo Edwards

- 18:00 a 19:30 Hèléne Godefroy, Liliana Filipovic, Silvia Lippi

Coordinador: Cristina Jarque

- 20:00 Asamblea

Domingo 16 de junio.

- 10:00 a 11:30 Néstor Braunstein, Cathérine Fava Douvergne, Jorge Cacho

Coordinador: Francisco Rengifo

12:00 Clausura: Roland Chemama

Comité científico de las jornadas: Graziella Baravalle, Luigi Burzotta, Jorge Cacho, Roland Chemama, Claude Dumézil, Marcelo Edwards, Cathérine Fava Douvergne, Hèléne Godefroy, Liliana Filipovic, Jorge Gómez, Christian Hoffmann, Cristina Jarque, Silvia Lippi, Gorana Manenti, Rosa Navarro, Arlette Pellé, Karl-Josef Passini, Gérard Pommier, Claus Rath, Francisco Rengifo.

Comité de organización: Graziella Baravalle, Luigi Burzotta, Roland Chemama, Claude Dumézil, Marcelo Edwards, Jorge Gómez, Christian Hoffmann, Cristina Jarque, Silvia Lippi, Gorana Manenti, Rosa Navarro, Gérard Pommier, Claus Rath, Francisco Rengifo.

Gestión: Cristina Jarque, Lola Burgos, Jorge Gómez y Alfonso Gómez